Essai Harley-Davidson Switchback
13/11/11 Seule véritable nouveauté dans cette première salve pour l'année 2012 aux côtés des
V-Rod, la Harley-Davidson Switchback se présente comme une moto deux en une ou plus rationnellement, comme un chaînon manquant dans la gamme. Surfant sur la tendance Vintage, elle propose tantôt de rouler au guidon d'un véritable custom, tantôt d'un Tourer (ou presque), au gré de ses humeurs. La Switchback donne en effet la possibilité de mettre ou d'enlever en quelques secondes pare-brise et sacoches rigides un peu à la façon d'un
Convertible au détail près que ce n'est pas un CVO mais une Dyna bien plus accessible financièrement. Elle ne repose pourtant sur aucune autre Dyna qui serait accessoirisée même si les amortisseurs sont empruntés à la
Fat Bob, c'est un modèle à part entière. Pour affronter les kilomètres on trouve le garde-boue avant enveloppant, le large pare-brise, des marchepieds plateau avec une large pédale de frein, une vaste selle pour le pilote et son passager ainsi que deux sacoches rigides. Pour une simple petite balade, les sacoches et le pare-brise se retirent en quelques secondes pour rouler avec un custom allégé esthétiquement et nez au vent derrière le guidon Ape-Hanger.
Débarrassée de ses accessoires, notre Switchback n'est pas dénaturée pour autant. Sa ligne ne souffre pas de l'absence des sacoches comme s'est malheureusement souvent le cas sur ce genre de machine. Les bras suffisamment écartés et les pieds peu en avant procurent assez de force pour manoeuvrer à faible allure malgré son guidon Ape-Hanger un peu haut. La faible hauteur de selle permet de se sentir à l'aise même en mesurant moins d'1m70. Si on prend comme exemple la plus «
simple» des Touring, à savoir la
Road King Classic elle aussi équipée de sacoches (cuir) et d'un pare-brise semblable, la selle de la «
Switch» est 4 cm plus bas. Pour entreprendre un plus long voyage, on l'affuble de ses accessoires. S'il a l'allure, la silhouette, la parure et la fonctionnalité du pare-brise de la Road King, il est toutefois sensiblement différent. Les attaches fonctionnent de la même façon mais ne sont pas dissimulées, mais surtout il est bien plus bas ce qui occasionne des turbulences sur le casque du pilote. A tel point, qu'il est finalement plus agréable de rouler sans ce pare-brise même si on a infiniment plus de vent dans le nez : le flux d'air est régulier. Quelques centimètres de plus en hauteur et c'était tout bon ! Si elles ont l'allure, la silhouette, la parure et la fonctionnalité des sacoches d'un
Street Glide, les différences sont importantes aussi. Le volume est moindre et la manipulation bien moins aisée du couvercle réclame de l'attention pour ne pas faire un éclat sur la peinture. En revanche, ces sacoches sont amovibles en un tour de main sans outil. Une manette à l'intérieur déverrouille la fixation de la sacoche, il ne reste qu'à la sortir par l'arrière en prenant garde à la peinture du garde-boue, cela ne prend que quelques secondes pour ôter les deux. C'est très pratique tout comme l'arrivée (enfin) de l'appel de phare ou de la commande du trip au commodo gauche qui permet même d'afficher le rapport engagé !
Mais il ne suffit pas d'avoir une assise confortable et quelques accessoires Touring pour en faire véritablement un. Contrairement aux autres Dyna, la Switchback s'offre la même motorisation que tous les Softail en 2012 c'est-à-dire le Twin Cam 103 ci avec sa boîte à 6 rapports. Face aux 96 ci, on gagne évidemment en couple ce qui permet de rouler à la même vitesse sur un voire deux rapports au dessus. Le moteur tourne moins vite, on consomme moins et on profite davantage du fameux «
potato» à la remise des gaz. Alors Dyna haut de gamme ou Touring dépouillé ? Difficile de situer cette machine. Une chose est sûre, en route la Switchback malgré son confort d'assise, ses accessoires et son moteur 103 ci n'offre ni l'agrément routier, ni la tenue de route d'un Touring que ce soit un Road King ou un Street Glide pour ne retenir que les plus simples. Elle reste avant tout un Dyna avec quelques accessoires pratiques et le «
gros» moteur de ses grandes soeurs, il manque la sérénité et la maniabilité des Touring. Elle est par contre bien plus simple à manier à très faible allure et bien plus accessible pour les petits gabarits qui trouve enfin une moto pratique pour voyager.
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Harley-Davidson− Essai réalisé par Jean-Michel Lainé.